« [Science et technique] Les recherches atomiques aux États-Unis », La Lutte syndicale. Organe officiel de la Fédération suisse des ouvriers sur métaux et horlogers (15 février 1950)

[fr] L’article revient sur les propos du président Truman et de David E. Lilienthal, président de l’Atomic Energy Commission, concernant l’avenir de l’énergie atomique aux États-Unis. Contrairement aux inquiétudes sur la rareté de l’uranium, Lilienthal affirme que les réserves connues et nouvellement découvertes permettraient une exploitation durable, désormais estimée à 500 000 tonnes. Les États-Unis poursuivent un programme nucléaire orienté vers la défense, mais développent aussi des usages civils et scientifiques : ouverture de centres de recherche à des savants étrangers, formations universitaires et exportation d’isotopes vers 25 pays, dont la Suisse.

[de] Der Artikel geht auf die Aussagen von Präsident Truman und David E. Lilienthal, dem Vorsitzenden der Atomic Energy Commission, zur Zukunft der Atomenergie in den Vereinigten Staaten ein. Entgegen den Befürchtungen über die Knappheit von Uran betont Lilienthal, dass die bekannten und neu entdeckten Reserven eine langfristige Nutzung ermöglichen, die inzwischen auf 500.000 Tonnen geschätzt wird. Die USA verfolgen zwar ein nukleares Programm im Dienst der Verteidigung, entwickeln aber auch zivile und wissenschaftliche Anwendungen: Öffnung von Forschungszentren für ausländische Wissenschaftler, universitäre Ausbildungsprogramme und Export von Isotopen in 25 Länder, darunter auch die Schweiz.

[it] L’articolo riprende le dichiarazioni del presidente Truman e di David E. Lilienthal, presidente della Atomic Energy Commission, sul futuro dell’energia atomica negli Stati Uniti. Contrariamente alle preoccupazioni circa la scarsità di uranio, Lilienthal afferma che le riserve conosciute e di recente scoperte consentirebbero un utilizzo durevole, stimate ormai in 500.000 tonnellate. Gli Stati Uniti portano avanti un programma nucleare orientato alla difesa, ma sviluppano anche usi civili e scientifici: apertura di centri di ricerca a studiosi stranieri, corsi di formazione universitaria ed esportazione di isotopi verso 25 paesi, tra cui la Svizzera.

[en] The article highlights the statements of President Truman and David E. Lilienthal, chairman of the Atomic Energy Commission, on the future of atomic energy in the United States. Contrary to concerns about uranium scarcity, Lilienthal asserts that known and newly discovered reserves would allow for long-term exploitation, now estimated at 500,000 tons. While the U.S. continues to develop its nuclear program for defense, it is also expanding civilian and scientific uses: opening research centers to foreign scientists, providing university training programs, and exporting isotopes to 25 countries, including Switzerland.

Les récentes déclarations du président Truman sur la bombe à hydrogène attirent à nouveau l’attention du monde sur les recherches atomiques qui se poursuivent aux États-Unis. Jusqu’à ces toutes dernières semaines, le monde avait l’impression que l’énergie atomique était une chose admirable, mais que la fourniture des matières premières laissait considérablement à désirer. On articulait facilement des chiffres de réserves en uranium de 15 000 à 20 000 ou 30 000 tonnes, et l’on calculait qu’avec la demande formidable en tout pays — certains ne pouvant même être ravitaillés, voir la Suisse — on n’arriverait à couvrir la consommation mondiale que pendant deux ou trois ans, au maximum. Ce n’est pas du tout l’opinion du chairman de l’US Atomic Energy Commission, David E. Lilienthal. Les récentes déclarations qu’il fit à cet égard sont des plus encourageantes. « Non seulement, a-t-il dit, les réserves connues d’uranium pourraient couvrir la demande durant 30 ou même 40 ans, mais, avec les découvertes nouvelles, effectuées en tous lieux, il n’y a plus de limite, du moins pour l’instant, à une consommation indéfinie. » L’expert donne pour preuve de cette amélioration extraordinaire le fait que les estimations concernant les réserves s’approchent des 500 000 tonnes, soit 17 fois plus que le maximum admis il y a peu de temps encore. « Le peuple des États-Unis, lisons-nous dans sa déclaration, doit savoir que les affirmations actuelles spécifiant que l’entreprise atomique n’a devant elle que quelques années seulement, ne sont pas correctes. Les dépôts d’uranium paraissent beaucoup plus étendus qu’on l’imaginait et il n’est pas question, pour les États-Unis, de limiter en une mesure quelconque leur plan d’énergie atomique ». Les Américains développent constamment le programme d’énergie atomique au service de la défense nationale. Toutefois, cela ne les empêche pas de passer rapidement à des fournitures intéressant les milieux les plus divers de l’industrie de paix. Déjà maintenant, l’Oak Ridge of Nuclear Studies ouvre ses portes à un nombre, limité il est vrai, de savants de plusieurs nations, parmi lesquels Aternam, de l’Université de Birmingham, et Krishman, de Madras, aux Indes. Les laboratoires Clinton, du Tennessee, ont organisé un cours d’entrainement, dont profitent également les représentants de 19 universités du sud de l’Union. Le programme d’exportation d’isotopes s’élargit chaque jour : 25 nations en ont déjà bénéficié, parmi lesquelles la Suisse.