Henri Jaquet1, « Un livre sensationnel de Jules Moch : La Folie des hommes », La Lutte syndicale. Organe officiel de la Fédération suisse des ouvriers sur métaux et horlogers (29 décembre 1954)
[fr] L’article rend compte de l’ouvrage La Folie des hommes de Jules Moch, ancien ministre français et délégué à l’ONU, qui alerte sur les effets cataclysmiques de la bombe H. Il retrace l’évolution des moyens de destruction, de l’arme blanche à la bombe atomique, puis à l’ère thermonucléaire ouverte en 1952. Moch illustre par un exemple saisissant les conséquences d’une explosion sur Berne : destruction totale sur plusieurs dizaines de kilomètres, brûlures jusqu’à 120 km, retombées radioactives capables de contaminer le globe. Face à ce danger, il pose l’alternative : désarmement progressif et contrôlé, ou suicide collectif de l’humanité. L’article relaie aussi les appels d’Einstein et Schweitzer à une prise de conscience mondiale et à une mobilisation ouvrière contre le militarisme.
[de] Der Artikel bespricht das Werk La Folie des hommes von Jules Moch, dem ehemaligen französischen Minister und UNO-Delegierten, der vor den katastrophalen Folgen der Wasserstoffbombe warnt. Er zeichnet die Entwicklung der Zerstörungsmittel von der Blankwaffe über die Atombombe bis zum 1952 eröffneten thermonuklearen Zeitalter nach. Moch verdeutlicht anhand eines eindringlichen Beispiels die Folgen einer Explosion über Bern: totale Zerstörung über Dutzende Kilometer, Verbrennungen bis zu 120 km Entfernung, radioaktive Niederschläge, die den gesamten Globus verseuchen könnten. Angesichts dieser Gefahr stellt er die Alternative: schrittweise und kontrollierte Abrüstung oder kollektiver Selbstmord der Menschheit. Der Artikel greift zudem die Appelle von Einstein und Schweitzer auf, die zu einem weltweiten Bewusstseinswandel und zur Mobilisierung der Arbeiter gegen den Militarismus aufrufen.
[it] L’articolo presenta l’opera La Folie des hommes di Jules Moch, ex ministro francese e delegato all’ONU, che mette in guardia contro gli effetti catastrofici della bomba H. Ripercorre l’evoluzione dei mezzi di distruzione, dall’arma bianca alla bomba atomica, fino all’era termonucleare inaugurata nel 1952. Moch illustra con un esempio impressionante le conseguenze di un’esplosione su Berna: distruzione totale per decine di chilometri, ustioni fino a 120 km, ricadute radioattive capaci di contaminare l’intero globo. Di fronte a questo pericolo, pone l’alternativa: disarmo progressivo e controllato oppure suicidio collettivo dell’umanità. L’articolo riprende inoltre gli appelli di Einstein e Schweitzer a una presa di coscienza mondiale e a una mobilitazione operaia contro il militarismo.
[en] The article reviews Jules Moch’s book La Folie des hommes, in which the former French minister and UN delegate warns of the cataclysmic effects of the H-bomb. It traces the evolution of destructive means from edged weapons to the atomic bomb, and then to the thermonuclear age that began in 1952. Moch illustrates with a striking example the consequences of an explosion over Bern: total destruction over dozens of kilometers, burns up to 120 km away, and radioactive fallout capable of contaminating the globe. Faced with this threat, he poses the stark alternative: progressive, controlled disarmament, or humanity’s collective suicide. The article also echoes the appeals of Einstein and Schweitzer for worldwide awareness and for workers’ mobilization against militarism.
- Effets mécaniques : destruction totale de tous les immeubles sur 700 km2, soit dans un rayon de 15 à 18 km.
- Dégâts dans un rayon de 50 km.
- Effets calorifiques : brûlures mortelles dans un rayon de 30 à 35 km, soit 3000 km2. Neuchâtel, Bienne, Soleure, Berthoud, Langnau, Thoune, Fribourg sont dans cette zone.
- Brûlures graves dans un rayon de 60 km (12 000 km2). Jura bernois, Jura neuchâtelois, cantons de Vaud, Lucerne, Soleure.
- Brûlures légères dans un rayon de 120 km (40 000 km2) s’étendant à peu près jusqu’à Genève et Schaffhouse.
- Effets radioactifs directs se limitant à la zone des brûlures légères.
- Les effets indirects par la retombée des cendres et particules radioactives pourraient, théoriquement, atteindre et infecter n’importe quel point du globe. Or, certains éléments, le cobalt 60 par exemple, conservent leur radioactivité durant de nombreuses années.