« Après les journées internationales des femmes pour la paix », La Lutte syndicale (30 mars 1955)a
[fr] L’article relaie l’appel lancé en Suisse par des femmes et des mères pour défendre la paix, dans le cadre d’un mouvement international de mobilisation féminine contre la guerre atomique. Il dénonce la stratégie nucléaire de l’OTAN, souligne les effets dévastateurs des radiations et appelle à l’union des femmes pour obtenir la destruction des stocks d’armes atomiques, l’interdiction de leur fabrication et un contrôle strict. L’assemblée soutient les initiatives politiques en faveur du désarmement et exhorte le Conseil fédéral à prendre position pour la paix et contre les essais thermonucléaires.
[de] Der Artikel gibt den Aufruf wieder, den Frauen und Mütter in der Schweiz zur Verteidigung des Friedens lancierten, im Rahmen einer internationalen Mobilisierung gegen den Atomkrieg. Er prangert die Nuklearstrategie der NATO an, weist auf die verheerenden Folgen der Strahlung hin und ruft die Frauen zur Einheit auf, um die Vernichtung der Atomwaffenbestände, das Verbot ihrer Herstellung und eine strenge Kontrolle durchzusetzen. Die Versammlung unterstützt politische Initiativen für die Abrüstung und fordert den Bundesrat auf, Stellung für den Frieden zu beziehen und gegen die thermonuklearen Tests einzutreten.
[it] L’articolo riporta l’appello lanciato in Svizzera da donne e madri per difendere la pace, nel quadro di una mobilitazione internazionale contro la guerra atomica. Denuncia la strategia nucleare della NATO, sottolinea gli effetti devastanti delle radiazioni e invita le donne a unirsi per ottenere la distruzione degli arsenali atomici, il divieto della loro produzione e un severo controllo. L’assemblea sostiene le iniziative politiche a favore del disarmo ed esorta il Consiglio federale a prendere posizione per la pace e contro gli esperimenti termonucleari.
[en] The article conveys the appeal launched in Switzerland by women and mothers to defend peace, as part of an international mobilization against atomic war. It denounces NATO’s nuclear strategy, highlights the devastating effects of radiation, and calls on women to unite to achieve the destruction of nuclear stockpiles, a ban on their production, and strict control measures. The assembly supports political initiatives in favor of disarmament and urges the Federal Council to take a stand for peace and against thermonuclear tests.
La paix ne s’attend pas, elle se gagne.
Face au danger atomique, les femmes de tous les pays se lèvent et protestent contre la préparation de la guerre atomique pour obéir à cet ordre : Femmes… mères, le salut du monde est votre œuvre ! Défendez l’humanité en détresse.
En Suisse, de Genève, est parti l’appel des femmes, des mères pour défendre la paix. Cet appel fut répété dans nos différentes villes et entendu par de nombreux auditeurs et auditrices.
Dans une rencontre qui eut lieu à La Chaux-de-Fonds, quelqu’un rappela le souvenir et le travail constructifs de nos grands pacifistes : Charles Naine, Pierre Ceresole, promoteur du service civil, Léonard Ragatz, qui œuvrèrent pour la paix.
Une déléguée de Paris apporta le salut des femmes françaises, qui connurent toutes les souffrances de la guerre et qui tremblent devant la menace d’une nouvelle hécatombe, devant la dégradation des hommes, le sacrifice de leurs enfants, de leurs époux et pères.
Une mère de famille évoqua, dans un émouvant exposé, l’arme terrifiante en laquelle on a transformé la merveilleuse découverte de l’énergie nucléaire. Déjà les mères de Nagasaki ont donné naissance à de pauvres petits monstres. Le Conseil des ministres de l’OTAN a pris la récente décision de fonder toute sa stratégie en cas de guerre sur l’utilisation des armes atomiques. Stratégie défensive, déclare-t-il. Mais comment distinguer entre celle qui est défensive et celle qui ne l’est pas ?
La bombe atomique ne connaît ni limites ni frontières. Les vents sèmeront des poussières radioactives dans le monde entier.
Les défaitistes prétendent qu’il n’y a rien à faire pour lutter contre la menace suspendue sur l’humanité, sur les enfants.
Les femmes représentent la moitié du genre humain, elles doivent réaliser leur puissance car elles ont un rôle à jouer ; elles proclameront leur volonté de paix, leur volonté de vivre pour leurs enfants, pour le monde entier. Elles sont mères, elles connaissent la joie de la maternité, mais elles connaissent aussi l’angoisse de voir périr leurs enfants par la guerre. Toutes s’uniront pour la paix, pour la destruction des stocks d’armes atomiques, l’interdiction de leur fabrication et le contrôle de cette interdiction. Luttons côte à côte, conclut Mme Greub, très applaudie pour l’utilisation pacifique de l’énergie atomique.
Après ces brillants exposés, l’assemblée, profondément convaincue de la nécessité d’agir partout et de toute façon contre les dangers de guerre, contre la création de stocks d’armes atomiques et contre les expériences thermonucléaires, se déclare d’accord avec l’initiative fédérale votée le 22 décembre 1954 par le Grand Conseil neuchâtelois sur ces mêmes questions et elle est heureuse que le Parlement de notre canton ait pris une telle position.
En revanche, elle déplore la réponse dilatoire du Conseil fédéral, et elle forme le vœu que d’autres initiatives du même genre entraînent le Gouvernement fédéral à réviser sa position et à intervenir auprès des gouvernements étrangers pour demander la cessation des explosions thermonucléaires et la limitation générale des armements.
Dans le bouleversement actuel, seule la Suisse peut accomplir la révolution du désarmement.
Dans tous les pays, les penseurs reconnaissent que les conflits et la destruction n’ont pu donner au monde la paix et l’harmonie. Il est clair que pour résoudre leurs problèmes, les hommes doivent porter leurs regards plus haut que les méthodes purement humaines.